
[article]
| Titre : |
L'enquête de MM. Binet et Simon |
| Type de document : |
texte imprimé |
| Auteurs : |
Isidore Landrain (?-1941), Auteur |
| Année de publication : |
1910 |
| Article en page(s) : |
N°8 - 174-186 |
| Note générale : |
L'auteur dénonce une disproportion entre les révélations de l'enquête et la solution proposée, à savoir l'abandon de la méthode orale.
|
| Langues : |
Français (fre) |
| Mots-clés : |
controverse |
| Résumé : |
Quelques arguments en faveur de Binet : - son érudition, sa sincérité, son amour pour la science et l'intérêt social dont il fait preuve, - ne pas avoir renoncé à rencontrer des sourds dans les quartiers les plus pauvres de Paris, - proposer de mettre l'accent sur le français écrit pour les sourds qui n'accèderaient pas à l'oral (proposition dont se prévalaient déjà les enseignants belges et français lors d'un congrès à Liège en 1905, sans abandonner clairement l'oralisation toutefois), - éduquer dans des classes spéciales les élèves sourds ayant une capacité intellectuelle insuffisante (proposition également défendue au congrès en 1905),
Plusieurs arguments en défaveur de Binet : - la façon dont a été menée l'enquête exclue les professeurs d'entrée de jeu, sans reconnaître l'ingrate mission qu'ils assurent - l'enquête s'est transformée en réquisitoire contre la méthode orale, en jugeant les procédés employés dans l'actuelle éducation des sourds, - l'abandon de l'enseignement de la parole articulée est motivée par la pénibilité des exercices et à la durée qui se compte en années, et même l'emploi simultané de la parole et de la mimique est repoussé, - les résultats ne cadrent pas avec la réalité des faits : par exemple, les sourds sont assez nombreux pour se retrouver en ville et utiliser la mimique, a détriment de l'usage de la parole articulée qui a été si fastidieuse à installer, mais leur avenir sera pour beaucoup d'entre eux à la compagne au milieu des entendants parlants. De plus, le panel n'est pas considéré comme représentatif : 6 élèves de Paris et 14 élèves d'Asnières, exclusion des sourds ayant des restes auditifs (soit 30 à 40% des élèves). Il est aussi question de l'occultation de ce qu'apporte la parole articulée dans les circonstances de la vie (commande d'un consommation, prononciation de la station de tramway qui les intéresse, de la non prise en compte des parents qui disent comprendre les mots que prononce leur enfant sourd pour leurs échanges familiaux. Les enquêteurs ne disent rien du fait que l'enquête supposait des tests hors contexte, ni le fait que l'enquêteur est un inconnu impressionnant pour l'enquêté. On trouve aussi une analyse de ce qu'on sait de la méthode employée par l'abbé de l'Epée et quelques indications des méthodes d'enseignement en place au Gallaudet College de Washington qui applique les principes d'une méthode mixte. Enfin, les sourds ayant tiré de vrais bénéfices de la méthode orale protestent contre le réquisitoire de Binet et Simon en faveur de la mimique. Pour conclure, I. Landrain affirme que c'est une contre-vérité de dire que la méthode orale conduit à l'isolement moral des sourds. |
| Note de contenu : |
I. Landrain insiste principalement sur un point bien particulier, soulevé après coup par les réactions à l'enquête : une éventuelle contre-enquête ne pourrait pas être encadrée par les enseignants eux-mêmes. Si elle devait avoir lieu, Binet rechercherait une certaine extériorité des personnes chargées de la surveillance des conditions de passation, pour obtenir des résultats fiables et donc moins contestables.
Un certain nombre d'arguments en faveur de Binet sont néanmoins rappelés, mais bon nombre d'arguments avancés interviennent en défaveur de Binet : la constitution du panel, la parole articulée dans le quotidien avec la famille et le voisinage, etc. |
in Revue générale de l'enseignement des sourds-muets (1899-1966) > 11 - 1909-1910 (Mai 1909 - avril 1910) . - N°8 - 174-186
[article]
L'enquête de MM. Binet et Simon [texte imprimé] / Isidore Landrain (?-1941), Auteur . - 1910 . - N°8 - 174-186. L'auteur dénonce une disproportion entre les révélations de l'enquête et la solution proposée, à savoir l'abandon de la méthode orale.
Langues : Français ( fre) in Revue générale de l'enseignement des sourds-muets (1899-1966) > 11 - 1909-1910 (Mai 1909 - avril 1910) . - N°8 - 174-186
| Mots-clés : |
controverse |
| Résumé : |
Quelques arguments en faveur de Binet : - son érudition, sa sincérité, son amour pour la science et l'intérêt social dont il fait preuve, - ne pas avoir renoncé à rencontrer des sourds dans les quartiers les plus pauvres de Paris, - proposer de mettre l'accent sur le français écrit pour les sourds qui n'accèderaient pas à l'oral (proposition dont se prévalaient déjà les enseignants belges et français lors d'un congrès à Liège en 1905, sans abandonner clairement l'oralisation toutefois), - éduquer dans des classes spéciales les élèves sourds ayant une capacité intellectuelle insuffisante (proposition également défendue au congrès en 1905),
Plusieurs arguments en défaveur de Binet : - la façon dont a été menée l'enquête exclue les professeurs d'entrée de jeu, sans reconnaître l'ingrate mission qu'ils assurent - l'enquête s'est transformée en réquisitoire contre la méthode orale, en jugeant les procédés employés dans l'actuelle éducation des sourds, - l'abandon de l'enseignement de la parole articulée est motivée par la pénibilité des exercices et à la durée qui se compte en années, et même l'emploi simultané de la parole et de la mimique est repoussé, - les résultats ne cadrent pas avec la réalité des faits : par exemple, les sourds sont assez nombreux pour se retrouver en ville et utiliser la mimique, a détriment de l'usage de la parole articulée qui a été si fastidieuse à installer, mais leur avenir sera pour beaucoup d'entre eux à la compagne au milieu des entendants parlants. De plus, le panel n'est pas considéré comme représentatif : 6 élèves de Paris et 14 élèves d'Asnières, exclusion des sourds ayant des restes auditifs (soit 30 à 40% des élèves). Il est aussi question de l'occultation de ce qu'apporte la parole articulée dans les circonstances de la vie (commande d'un consommation, prononciation de la station de tramway qui les intéresse, de la non prise en compte des parents qui disent comprendre les mots que prononce leur enfant sourd pour leurs échanges familiaux. Les enquêteurs ne disent rien du fait que l'enquête supposait des tests hors contexte, ni le fait que l'enquêteur est un inconnu impressionnant pour l'enquêté. On trouve aussi une analyse de ce qu'on sait de la méthode employée par l'abbé de l'Epée et quelques indications des méthodes d'enseignement en place au Gallaudet College de Washington qui applique les principes d'une méthode mixte. Enfin, les sourds ayant tiré de vrais bénéfices de la méthode orale protestent contre le réquisitoire de Binet et Simon en faveur de la mimique. Pour conclure, I. Landrain affirme que c'est une contre-vérité de dire que la méthode orale conduit à l'isolement moral des sourds. |
| Note de contenu : |
I. Landrain insiste principalement sur un point bien particulier, soulevé après coup par les réactions à l'enquête : une éventuelle contre-enquête ne pourrait pas être encadrée par les enseignants eux-mêmes. Si elle devait avoir lieu, Binet rechercherait une certaine extériorité des personnes chargées de la surveillance des conditions de passation, pour obtenir des résultats fiables et donc moins contestables.
Un certain nombre d'arguments en faveur de Binet sont néanmoins rappelés, mais bon nombre d'arguments avancés interviennent en défaveur de Binet : la constitution du panel, la parole articulée dans le quotidien avec la famille et le voisinage, etc. |
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